Test du Nikon Z9 - 1 an avec le boitier pro de chez Nikon

Nikon Z9

Le Nikon Z9, c’est le boitier au sommet de la gamme, le premier appareil professionnel monobloc (avec poignée pour cadrage verticale intégrée) de la gamme hybride Z, celui qui doit pouvoir prendre une photo nette par toutes les conditions, rapidement et pendant longtemps, sans tomber en panne. Un outil fiable sur lequel le photographe professionnel doit pouvoir compter.

Annoncé le 24 décembre 2021, il a pris la succession du Nikon D6, le dernier reflex pro de la marque. Aujourd’hui, il est secondé par le Nikon Z8, un appareil qui offre quasiment les mêmes possibilités dans un format plus compact. Alors Z9 ou Z8 ? C’est ce que nous allons voir ensemble !


Construction et prise en mains


Le Nikon Z9, c’est du lourd au sens propre comme au figuré : avec 15cm de haut sur 15cm de large, 9cm de profondeur pour un poids de 1.382 Kg avec batterie et deux cartes mémoires il pèse 100g de plus que le D6. Les suppressions du viseur optique et de la cage reflex n’ont donc pas permis de lui faire perdre du poids !

Le corps du Z9 est constitué d’un seul bloc de magnésium qui doit garantir robustesse et durabilité. Des joints d’étanchéité à l’eau et à la poussière sont présents autour de chaque boutons et trappes. L’appareil est prévu pour supporter toutes les conditions climatiques mais Nikon ne donne aucun indice “IP” de protection. L’utilisation en pleine tempête ou sous une cascade est donc à vos risques et périls 😉 Je l’ai utilisé plusieurs fois sous la pluie et en bord de mer sans problèmes.

Ergonomie

Au niveau des commandes, le Z9 est équipé de 27 boutons, 4 molettes, deux joysticks, un trèfle de sélection et deux déclencheurs ! Plutôt que d’en faire la liste exhaustive, voici les points qui me marquent le plus :

  • À gauche de la poignée se trouve trois touches FN (pour “fonction”) programmables, auxquelles vous pouvez assigner n’importe quelle fonction. J’ai choisi la sélection des groupes de réglages A,B,C ou D (FN1), le cadrage FX ou DX (FN2) et le zoom à 200% (FN3). Je n’ai pas de très grandes mains mais je peux les atteindre sans problème du bout des doigts.

  • La plupart des touches sont regroupées à droite (point commun avec l’ensemble de la gamme Nikon Z) et sont facilement accessibles du pouce même avec des mains de taille moyenne. L’ancienne rangée de boutons, présente sur les reflex à gauche, de l’écran arrière, à donc disparue.

  • Les joysticks, les touches “AF-ON”, “i” et “ISO” sont présents en deux exemplaires chacun afin d’être accessibles en cadrage horizontal et vertical. Leurs distances et positions par rapport au pouce sont quasiment identique, ce qui permet de les manipuler sans les regarder.

  • En haut à gauche du Z9, une roue permet de choisir rapidement le mode de déclenchement (simple, rafale lente ou rapide, retardateur…). Pour un gestion plus fine (rafale de 15 ou 20 image par seconde par exemple), il faudra passer par le menu en appuyant sur la touche dédiée, au dessus de cette roue. Je m’en sers surtout pour passer de la rafale au retardateur.

  • Sous l’écran trois touches permettent de changer la qualité des fichiers (Raw / JPEG), la balance des blanc et de laisser un mémo vocal lisible par votre logiciel de traitement. Je m’en sers rarement mais je trouve la possibilité de dicter un message très pratique pour se souvenir d’une information propre à une photo ! C’est une fonction typique des boitier professionnels Nikon puisque elle existait déjà sur le D2x de 2004 !

Sur la tranche gauche du Z9 se trouve la connectique, protégée par des volets en caoutchouc : port ethernet, entrée et sortie audio, HDMI et USB-C. Tout est présent pour photographier et filmer puis partager rapidement les fichiers. A l’inverse du Nikon Z8 qui dispose de deux ports USB-C séparés pour le transfert de fichiers et le chargement de la batterie, le Nikon Z9 n’est équipé que d’un seul port qui rempli tous les usages. Le mien semble d’ailleurs en panne… manipuler le avec précaution !

Écran arrière

L’écran arrière est très lumineux, lisible en plein soleil et sa définition permet de bien juger de la netteté des images. Il est aussi tactile, que ce soit pour naviguer dans les menus ou entre les photos (zoomer, dé-zoomer, passer d’une image à l’autre…). La réactivité n’est pas tout à fait la même que celle d’un smartphone récent mais c’est largement assez fluide pour être utilisé au quotidien.

Cet écran est monté sur une charnière et non une rotule. Il peut être incliné à 90° en cadrage horizontal comme vertical ce que je trouve extrêmement pratique, notamment pour les photos prises au raz du sol !! Ce système à charnière semble solide, il a été manipulé des milliers de fois et reste toujours ferme. néanmoins, j’essaye de l’utiliser avec délicatesse.

Il a un désavantage par rapport à une rotule, l’écran ne peut pas être positionné dans tous les sens :

  • En cadrage horizontal, il ne peut être placé à l’horizontale que face vers le haut et non vers le bas. En tenant l’appareil à bout de bras au dessus de sa tete, il ne sera possible d’abaisser l’écran que de 45°

  • En cadrage vertical, appareil tenu avec la trappe de cartes mémoires vers le haut, l’écran bascule à 90°. Mais si l’appareil est tenu dans l’autre sens, il ne bascule qu’à 10 ou 15°. Cela m’est parfois gênant en photo de paysage ou je bascule le Z9 à droite de la rotule alors qu’il faut le basculer à gauche pour bénéficier de la toute la mobilité de l’écran.

  • Enfin, l’écran ne se retourne pas totalement. Si vous prévoyez de photographier beaucoup d’autoportrait ou de vous filmer, ce ne sera pas pratique sauf à utiliser un moniteur externe.

Volet de protection du capteur

L’appareil n’étant plus équipé d’un obturateur mécanique, le capteur était totalement exposé à l’air libre. Pour le protéger, Nikon a ajouté un volet qui s’ouvre à l’allumage et se ferme à l’extinction du boitier. Cela ressemble à un obturateur, il en a la forme et la couleur mais ce n’en est pas un. Le Z8 a lui aussi hérité de cette protection. Cela en fait mon capteur le plus propre depuis mes débuts en photo numérique en 2006 ! Attention tout de même à bien éteindre l’appareil avant de changer l’objectif, sinon le capteur restera visible et exposé !

Batterie

Le Z9 utilise le modèle EN-EL18d mais les versions précédentes ( EN-EL18, A, B, et C ) fonctionnent également. Attention, les deux premières versions ne permettent pas la charge par USB-C avec le chargeur MH-33 ou directement dans le boitier. L’autonomie est donnée pour 750 vues environ. En pratique, cette batterie me permet de photographier et filmer toute une journée sans problème. En astrophotographie (poses longues successives pendant plusieurs heures) la batterie permet environ 4 heures de prise de vue. Deux batteries sont suffisantes pour photographier durant toute une nuit ou la température ne descend pas en dessous de zéro.

Cartes-mémoires et mémoire tampon

Sous la trappe protégeant les cartes mémoires, se trouvent deux emplacements pour cartes CFexpress type B. Cela permet de ne gérer qu’un seul type de carte et de lecteur. Elles fonctionnent en écriture simultanée (les photos sont écrites sur les deux cartes en même temps), en débordement (une carte se rempli une fois la première pleine), ou alors en écriture simultanée RAW + JPEG ( une carte reçoit les RAW, l’autre les JPEG). Le Z9 est bien sur utilisable avec une seule carte.

Avoir deux cartes identiques permet d’enregistrer les photos à la même vitesse sur chacune d’entre elle. A l’inverse, sur les appareils possédant un emplacement pour carte CFexpress et un emplacement pour carte SD, comme les Nikon Z8 ou D850, la vitesse maximale d’écriture est limitée par celle de la carte SD, parfois 10 fois plus lente que la CFexpress.

La trappede protection des cartes est équipée d’un verrou, qu’il faut pousser pour pouvoir l’ouvrir. Elle ne risque pas de s’ouvrir par inadvertance, en sortant l’appareil du sac par exemple, comme cela m’est souvent arrivé en utilisant le Z8. C’est un gage de fiabilité rassurant !

Concernant la mémoire tampon (buffer), à 20 images par secondes,avec une carte CFexpress B écrivant à 1350 mo/s, le buffer se rempli en :

  • 5 secondes en format RAW “compression sans perte”

  • 11 secondes en RAW “efficacité élevée *”

  • 23 secondes en RAW “efficacité élevée” (sans la petite étoile *)

  • En JPEG fine, la cadence de 20 images par secondes est maintenue jusqu’à ce que la carte soit pleine.

Une fois la mémoire tampon remplie, la cadence réduit à environ 10 images par secondes et continu jusque la carte soit pleine. Pour libérer la mémoire tampon, il suffit de lever le doigt du déclencheur, attendre une seconde et appuyer de nouveau.

Ces chiffres changent, bien sur, suivant la vitesse de la carte. J’avais également fait le test avec le Nikon Z8 avec un CFexpress B écrivant à 850mo/s, la mémoire tampon était pleine en 4,4 secondes. Si vous utilisez des cartes XQD, plus anciennes, les performances seront inférieures. En pratique, ces performances sont largement suffisantes pour 99.9% de mes usages. Il est très rare qu’une scène de nature réclame 20 images par seconde pendant plus de 5 à 10 secondes.

Et comparé aux reflex type Nikon D800, ou il fallait attendre plus de 15 secondes pour que toutes les photos présentent dans la mémoire tampon soient écrites sur la carte SD, c’est le jour et la nuit !

GPS

Petit accessoire sympatique, le Nikon Z9 est équipé d’un GPS intégré. Les coordonnées sont enregistrées dans les EXIF de chaque photo et sont utilisées par le module “carte” de Lightroom par exemple. En photo nature, c’est très pratique pour retrouver un lieu avec précision, comme cela peut l’être en voyage ou en reportage. Mon premier appareil a être équipé du GPS fut le Sony A99, il y a 11 ans. Je suis étonné qu’un petit composant, présent dans tous les smartphones, ne soient pas intégré à chaque appareil photo.

 

Nikon Z9 : les photos !

Le vol du Lucane Cerf-Volant.

Nikon Z9, 120-300 F2.8, 1/1000ème, 10 000 iso. La qualité des images en hautes sensibilités m’ont permis de recadrer cette photo de lucane cerf-volant en vol, de 45 à 24 millions de pixels tout en concernant une photo nette et peu bruitée après traitement.

Qualité d’image

Equipé d’un capteur de 35,9 X 23,9 mm “plein format” accueillant 45 millions de pixel, le Nikon Z9 joue dans la même cours que les Canon R5 et Sony A1. Il partage également ce capteur avec le Z8. Cette définition est bien connue des nikonistes puisque c’est plus haute proposée par la marque depuis la sortie du D850 en 2016 !

Ces 45 millions offrent une grande flexibilité en matière de recadrage, permettant de conserver 20 à 30 millions lorsque le sujet est un peu petit dans l’image, ce qui est largement suffisant pour réaliser un beau tirage A2, comme ce lucane cerf-volant en plein vol, photographié à la tombée de la nuit à 10 000 iso. Comme écrit dans l’article sur le Z8, la qualité d’image des appareils photos présents sur le marché depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui comble 99% des photographes amateurs desquels je fais parti !

La qualité d’image étant identique à celle du Z8, je reprends ici quelques paragraphes en adaptant les photos (prisent au Z9 bien sur !) et les sensibilités.

  • Bruit numérique

Si la photo est bien exposée, le bruit sera quasiment invisible entre 64 et 1 600 iso. Il devient visible dans les aplats à partir de 3 200 iso et vraiment évident à 12 800 iso. Cependant, même à cette sensibilité, c’est le bruit numérique de luminance qui est surtout visible, sous forme de grain monochromatique. Le bruit de chrominance (le grain vert et violet) est lui quasiment absent. L’image reste donc agréable à regarder et ne ressemble pas à une bouillie de pixels colorés.

L’aeschne isocèle a été photographiée à 4 500 iso, le foulque à 9 000 iso, la femelle de lucane à 6 400 iso et l’apollon à 4000 iso. Seule la photo de la libellule a reçu un traitement du bruit, les autres sont brutes pour que les résultats en sortie de boitier soient visibles.

La performance des appareils récents et celle des logiciels de traitement font que je préfère systématiquement utiliser la sensibilité me donnant une vitesse d’obturation suffisante plutôt que d’utiliser une sensibilité plus basse, cette avec moins de grain, mais augmentant le risque de photo floue.

  • Dynamique

La dynamique du capteur à la sensibilité de base, 64 iso, est de 14,2 IL. N’ayant aucun instrument pour le mesurer, je vous propose ces photos de paysage en contre-jour. La première, depuis le mirador de Orellán, en Espagne, est une photo HDR composée de 8 photos à expositions différentes. Dans l’ordre, vous pouvez voir :

  • la photo finale et traitée

  • une photo exposée pour le soleil, puis avec + 5IL d’exposition sous Lightroom pour relever les détails dans les zones sombres

  • une photo exposée pour le sol puis avec - 5IL pour essayer de récupérer des informations dans les hautes lumières.

Les paramètres de prise de vue sont : 20mm, F9, 250 iso. Seule la vitesse d’obturation a changé entre ces photos.


Sur la première photo, exposée pour le ciel, le sol est sous-exposé de 4,5 IL. Ajuster l’exposition au traitement permet de révéler de nombreux détails et couleurs du premier plan au prix d’une montée importante du bruit. Le résultat est très granuleux mais plutôt utilisable avec du traitement et un usage web.

Sur la seconde photo, le sol est légèrement sous- exposé et le ciel très surexposé, d’environ 4,5 IL également. Ajuster l’exposition à -5 IL ne permet pas de récupérer toutes les nuances de couleurs et de lumières. Il reste des zones complètement blanches, sans informations.

Sur cette photo de forêt prise à 20mm, F10, 1 250 iso, l’arbre était sombre, la mesure de lumière ayant été influencée par les zones les plus lumineuses. Cela m’arrangeait bien puisque je ne souhaitais pas perdre trop d’informations dans la lumière qui filtrait parmi les feuilles. Malgré la sensibilité ISO assez élevée, éclaircir l’arbre au traitement n’a pas été un problème, les détails ayant bien été enregistrés.

Conclusion : le Nikon Z9 propose une dynamique très étendue, identique à celle du Z8, mais pas spécialement plus que les appareils précédents tel que le Nikon D850. Comme son prédécesseur, les fichiers à basse sensibilité sont assez flexibles, permettant d’aller chercher facilement des détails dans les basses lumières et dans une moindre mesure, dans les hautes lumières. Cela permet d’exposer sa photo pour les hautes lumières en sachant qu’il sera facile de recupérer les informations dans les zones sombres avec un bon résultat.

Stabilisation

Depuis le Nikon Z6 (lien vers l’article) le capteur des Nikon Z est stabilisé, permettant de gagner 4 à 5 vitesses à une focale de 35mm. Vous trouverez ci-dessous les résultats avec le nikon Z 135mm F1.8 qui peuvent varier, bien sur, en fonction de votre stabilité. Dans de nombreuses situations, cela permet de se passer de trépied, ce qui est vraiment appréciable !

Cette stabilisation peut, bien sur, être désactivée. Je le fait notamment en astro-photographie, lorsque l’appareil est sur une monture équatoriale ( qui bouge tout doucement en suivant le mouvement du ciel), pour éviter toute interférence.

Avec les objectifs en monture F stabilisés (70-200 VR, 500mm VR…), la stabilisation du capteur est désactivée automatiquement. C’est la stabilisation interne à l’objectif qui travaille à 100%. Attention : tant que l’appareil est actif, la stabilisation de l’objectif l’est également. Il faut éteindre le Z9 ou régler le délai de mise en veille sur quelques dizaines de secondes pour éviter d’utiliser la batterie pour rien.

Avec les objectifs stabilisés en monture Z, la stabilisation optique et celle du capteur fonctionnent ensembles pour permettre de gagner 6 vitesses selon Nikon. Ne possédant actuellement aucun de ces objectifs, je ne peux pas le tester.

Autofocus

A sa sortie fin 2021, le Nikon Z9 apporte un autofocus largement amélioré par rapport aux Z6 et Z7 I et II. Les différentes mises à jour du firmware (la dernière étant la 5.3) ont encore augmenté son efficacité par la suite. La liste des configurations possibles est très importante, je vous conseille vivement la lecture du monde d’emploi 😉  493 points couvrent environ 90% du champs cadré, ce qui permet de suivre le sujet d’un bord à l’autre du cadre et de faire le point même si celui-ci se trouve dans un coin de l’image.

La détection automatique du sujet est maintenant possible pour les personnes et les animaux (c’était déjà le cas sur les modèles Z précédents) mais aussi pour les voitures, les avions et les oiseaux dans tous les modes autofocus. C’est au photographe de choisir sur quel type de sujet il souhaite faire la mise au point, il n’ y a pas de mode “détection tout automatique tout sujets”. Si le mode oiseau est selectionné l’appareil ignorera les personnes tant qu’un oiseau se trouvera dans le champs.

La seule option de détection automatique disponible est “humain ET animaux”. L’appareil détectera ces sujets dans le cadre et le trèfle de sélection au dos du boitier permettra de passer de l’un à l’autre.

C’est ici que se situe la très grosse plus value des appareils hybrides par rapport aux reflex. L’oeil du sujet est détecté puis suivi sur l’ensemble du champs automatiquement. C’est un confort de prise de vue énorme ! Lorsque le sujet est loin, la mise au point est faite sur son corps et lorsqu’il est assez près, la mise au point est faite sur son oeil.

La liste des configuration possible est très importante :

- AF simple / continu / suivi 3D

  • Taille de la zone AF : très petite / petite / moyenne / large / ensemble du champs. Si besoin, il est possible de configurer sa propre zone ( une bande verticale fine par exemple)

  • Détection des sujets : humain/ animaux / oiseaux / véhicules…

  • “Lock-On” : Au cas ou le sujet est masqué puis réapparaît dans le cadre (une personne passe entre vous et l’oiseau par exemple), ce paramètre défini si l’AF fait le point rapidement sur le nouveau sujet ou continu de suivre le premier sujet en attendant qu’il réapparaisse. Par exemple, pour un surfeur, qui disparait régulièrement derrière les vagues, un temps de lock-on long évite que l’AF fasse point sur une vague puis le refasse sur le surfeur dès qu’il réapparaît dans le viseur. L’AF va plutôt conserver le point sur la dernière position du surfeur et le retrouvera donc plus rapidement dès qu’il sortira de la vague.

J’ai utilisé les 4 banques de réglages disponibles (A, B, C et D) pour enregistrer des paramètres de prises de vue en fonction des sujets (oiseaux, macro, paysage…) dont les paramètres autofocus. Comme les options sont nombreuses et complexes, elles sont aussi longues à modifier. Les pré-enregistrer fait gagner un temps précieux.

Cette année avec le Z9, j’ai principalement photographié des bouquetins et des libellules mais peu d’oiseaux. Cependant, j’ai obtenu des résultats identiques par au Z8, voir légèrement meilleurs sur les libellules en vol.

  • Les bouquetins ne présentent aucune difficulté pour l’AF, réglé sur “animaux”. L’oeil est détecté immédiatement, même en contre-jour violent. C’est un animal calme sur lequel le taux de photos nettes est proche de 100%

  • Les libellules en vols sont bien détectées en mode “oiseaux” à condition de dégrossir la mise au point manuellement. Dès que le rectangle jaune apparaît autour d’elle-même, j’active l’AF qui la suit. A une distance de 5 à 10m cela fonctionne très bien. Plus proche, l’AF hésite entre la tête et les ailes ce qui provoque des décalage de mise au point. Cette année, j’ai eu plus de succès avec le 120-300 F2,8 (avec TC-14) qu’avec le Z8 + 500mm F4 VR, mais cela est peut être du aux moteurs AF du 120-300 plus récents et réactifs. Mon taux de photos nettes est de 15 à 20%.

    Attention : il s’agit d’aeschne des joncs, une espèce de libellule montagnarde faisant des vols surplaces très courts, de 1 à 5 secondes. De plus, ces “surplaces” n’en sont pas vraiment, la libellule ayant tendance à glisser vers l’avant et / latéralement. Comparé au D850, ces 20% de réussite sont très supérieurs !

Obturateur électronique et prise de vue en continu

En format RAW, le Z9 photographie à une vitesse maximale de 20 images par seconde (ips). En JPEG, il monte même à 60 ips (ou 120 ips avec des fichier JPEG de 11 millions de pixels) le tout avec l’autofocus continu et la mesure de lumière active ! C’est le boitier Nikon le plus rapide à ce jour. Pour mon travail sur les libellules, 20 ips donnent beaucoup plus de chances de capturer la photo où les ailes de l’insecte sont bien placées par exemple. C'est un très gros gain de confort et d’efficacité par rapports aux reflex !

L’obturateur est devenu 100% électronique, l’obturateur physique à disparu. Aux premiers déclenchements, cela fait un drôle d’effet : pas de bruit, pas de léger choc, signalant que la photo a été prise. Ensuite, c’est vraiment appréciable : la prise de vue est totalement silencieuse ce qui génial en photo animalière, événementielle ou simplement lorsque l’on souhaite rester discret !

Pour être certain qu’une photo a bien été prise, des lignes peuvent être affichées dans les coins du viseur. Elles clignotent à chaque déclenchement. Sinon le Z9 peut aussi émettre un petit “clic” sonore pour les photographes souhaitant conserver le bruit du déclenchement.

Passer de l’obturateur physique à électronique permet aussi une vitesse d’obturation de 1/32 000ème de seconde, de quoi figer quasiment n’importe quel mouvement. Cet obturateur électronique laissant craindre la présence de “rolling shutter”, une déformation des sujets en mouvement du à une lecture trop lente du capteur. Il n’en est rien, comme vous pouvez le voir sur les photos d’insectes en vol, aucun n’est déformé !

 

Le Z9 sur le terrain.

La plupart des fonctionnalités du Z9 se retrouvent dans le Z8, un appareil pesant 400g de moins. Alors quels sont les avantages du Z9 en photo de nature ?

Photo de paysage

Ici, je trouve que le gain par rapport au Z8 est inexistant. Le capteur et la qualité d’image sont identiques, donc pourquoi porter un appareil pesant 400g de plus pour le même résultat ? De plus, le Nikon Z8 possède le mode “pixel shift” permettant d’obtenir des fichiers de 180 millions de pixels, ce qui peut être intéressant pour obtenir des photos très très détaillées de scènes totalement statiques. Les seuls deux petits avantages du Z9 : le GPS intégré et l’autonomie plus élevée pour les séances photos par temps froid.

Playa de Las Catedrales, Espagne. Nikon Z9, 20mm, F10, 4 sec, 64 iso.

Astrophotographie

Très similaire à la photo de paysage, cette pratique bénéficie au maximum de la grosse batterie du Z9. Il est possible d’enchaîner les poses longues par 0°c pendant 4 heures sans changer la batterie et, en pratique, c’est très appréciable ! Cependant, cet avantage est à nuancer car le Z8 comme le Z9 peuvent être branchés à une batterie externe pour pouvoir prendre des photos jusqu’au lever du jour !

Les petits détails agréables à l’usage :

  • Les boutons et écrans rétroéclairés et un mode “affichage ton chaud” pour la photo nocturne, visible sur la photo ci-dessous

  • Un temps de pose allant jusqu’à 15 minutes en mode manuel et un intervalomètre intégré permettant de se passer d’un intervalomètre externe

Proxy-photographie et macrophotographie

En photo macro sur trépied, je préférerai le Z8, toujours pour son poids plus contenu. En photo macro à mains levées, j’apprécie énormément la poignée de cadrage verticale intégrée du Z9. La prise en main est, je trouve, beaucoup plus stable et le taux de photos nettes s’en ressent. Inconvenient de cette poignée : le Z9 étant plus haut que le Z8, il n’est pas possible de poser l’objectif au sol et d’obtenir un point de vue vraiment au raz du sol. A vous de voir en fonction de votre pratique si ce cas peut se produire souvent ou non.

En photo animalière / sportive / sociale

(tous les domaines photos avec de l’action et qui nécessitent de longues focales).

Avec un gros téléobjectif comme un 500mm F4 ou un 120-300 F2.8, j’apprécie beaucoup le poids du Z9. L’équilibre appareil photo - téléobjectif est meilleur, le centre de gravité de l’ensemble est plus proche du photographe, permettant un cadrage plus stable. La prise en main en photo verticale est bien plus stable, la main droite tenant fermement l’appareil. Le Z8 peut être équipé d’une poignée verticale (MB-N12). Il gagne 1.8 fois en autonomie mais il dépasse le Z9 de 1cm en hauteur. Cela en fait un appareil vraiment haut qui ne rentrera pas dans tous les sacs. Si vous avez absolument besoin du grip vertical, mieux vaut se diriger vers le Z9

Enregistrer les photos sur les deux cartes CFexpress B en même temps offre des temps d’écriture extrêmement rapides. A l’inverse, le Z8 est freiné par la débit en écriture de la carte SD par rapport à la carte CFexpress B. Ici le Z9 gagne, il a été conçu pour ce type de prise de vue.

Autofocus reglé pour la détection des oiseaux, le Z9 reconnaît également les libellules en vol ! A 20 images par secondes, cela permet de choisir la meilleure position des ailes.

Nikon Z9, 120-300mm F2.8 et TC-14E III. 420mm, F5, 1/32 000, 64 iso

Conclusion : que penser de ce Nikon Z9 ?

Le Nikon Z9 est un boitier professionnel, prêt à capturer des images bien nettes et exposées dans toutes les circonstances, quel que soit le terrain ou les conditions météos. Il est le digne successeur des D5 et D6 tout en offrant des prises de vue plus rapide, avec 25 millions de pixels supplémentaires, un autofocus à reconnaissance du sujet et le tout, dans un silence total !

Ce niveau d’efficacité m’impressionne ! A l’exception des situations très complexes comme un petit sujet bougeant très vite, en basse lumière, dans un environnement encombré, le taux de réussite est proche de 100%, rendant la capture d’une photo techniquement bonne, très simple !

Cette résistance aux éléments et cette efficacité se payent par un poids et un encombrement important, propre à cette gamme d’appareils. Si vous recherchez un appareil léger et discret, il n’est clairement pas pour vous. Si vous n’avez pas de problème pour le porter ni sur le fait d’attirer tous les regards lors de vos sorties alors il pourra vous satisfaire. Et si vous recherchez un appareil un peu plus leger et compact, sans faire de concessions (ou presque) sur les performances, alors le Z8 sera d’avantage fait pour vous.

Aujourd’hui, quelques mois avant la sortie de son remplaçant, il peut se trouver entre 2 500 € et 3000 € d’occasion, ce qui est bien plus raisonnable que les 5 999€ demandés à sa sortie. Le Z9II apportera certainement une rafale plus rapide, un meilleur autofocus, le pré-déclenchement au format RAW, d’autres options video…. à vous de voir si aurez besoin de ces améliorations ou si le Z9 original répond déjà à vos attentes 📸

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Rencontre avec Papilio Alexanor