Rencontre avec Papilio Alexanor

L’Alexanor, Papilio Alexanor, toutes ailes déployées.‍ ‍

150mm, F3.2. 1/1250 sec, 640 iso

Chaque amateur de nature à une petite liste d’espèces qu’elle ou il aimerait voir. Seulement celles-ci sont souvent rares, éloignées, demandent beaucoup de temps de recherche ou les trois à la fois. Pour ma part l’Alexanor faisait partie de cette liste et cet été, il en est sorti !

En France, Papilio Alexanor, de la famille des papilionidaes (comme les Dianes et les Apollons) se trouve exclusivement dans le quart sud-est : Vaucluse, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence, Alpes Maritimes et Var avec quelques données supplémentaires dans la Drôme. En Europe, il vole en Italie et dans les Balkans. Ensuite, il se trouve en Turquie, en Palestine et jusqu’au Pakistan.

Son habitat, ce sont les pentes rocailleuses ensoleillées sur lesquelles poussent la ptychotis saxifrage dont se nourrit la chenille. Aujourd’hui ce type d’habitat à presque disparu à basse altitude, c’est pourquoi l’alexanor est surtout observé à plus de 800m.

Une des difficultés avec les papilionidaes est qu’ils sont rarement présents en grand nombre ce qui ne facilite pas la recherche ! J’ai d’abord tenté ma chance fin juin, dans le Vaucluse, près et sur le mont Ventoux où il est apparemment assez présent. Échec total ! Les machaons et flambés étaient bien visibles mais pas de traces de l’Alexanor.

Je me suis donc rendu dans la vallée de la Clarée, où les observations sont également assez fréquentes. Là, j‘ai eu la chance de me faire indiquer une belle pente située entre 1500 à 1700m d’altitude. La prospection commence donc, jumelles dans les mains, à l’affût de la moindre tâche jaune volante.

Mais cet après-midi de recherche sera également un échec : un machaon et plusieurs apollons sont bien là mais pas d’alexanor.

Je commence à être un petit peu découragé mais donne une deuxième chance à cette belle pente pour le lendemain matin. Avant le lever de soleil, les papillons restent perchés, immobiles. En cherchant parmi les fleurs, il est donc possible de les trouver prêts à être photographiés. Mais chercher un papillon parmis ces centaines de fleurs, c’est aussi chercher une aiguille dans une botte de foin et éventuellement, ne rien trouver !

Je commence donc à monter en surveillant chaque fleur, d’abord à la lampe frontale puis sans, à mesure que la luminosité augmente. Et là, au détour d’un virage l’Alexanor !

Gros plan sur l’Alexanor. Empilement de 10 photos.

150mm, F10. 1/320 sec, 1600 iso

Le grand papillon jaune et noir est bien visible car il dort les ailes totalement ouvertes contrairement à la très grande majorité des autres papillons de France, ce qui le rend également encore plus photogénique !

Dès que la luminosité a augmenté, l’Alexanor s’est tourné vers le soleil.

150mm, F3.3. 1/1600 sec, 1000 iso

Totalement immobile, il attend l’arrivée du soleil en bougeant une patte de temps en temps. Heureusement pour moi, l’Alexanor à plutôt bien choisi sa fleur qui est espacée d’environ 1 mètre du talus. L’arrière-plan n’est donc pas trop proche, il ne sera pas trop visible et perturbant sur les photos. Un coup d’oeil rapide sur l’application PhotoPills me dit qu’il reste encore une heure avant que le soleil ne passe au dessus de la crête et réchauffe le papillon.

Un essai rapide avec le Nikon 120-300mm F2.8 (le test ici) me confirme que ce ne sera pas le bon objectif : à 250/300mm, la longue focale ne permet pas de montrer l’environnement autour du papillon et à 120mm, l’alexanor est trop petit dans la photo.

Je sors le Sigma 150mm F2.8 macro (le test ici), un objectif lancé il y a plus de 20 ans, toujours excellent et qui n’a toujours pas d’équivalent pour appareils sans miroir ! Avec lui, je trouve le rendu que je recherchais : photographier le papillon dans son environnement tout en lui donnant une bonne taille dans l’image. La faible profondeur de champs permet de le détacher nettement du fond.

Dans cette situation, le 150mm est adapté si le papillon avait été à peine plus éloigné du fond ou d’avantage entouré de fleur, un 60mm ou un 100mm auraient tout à fait pu convenir. Pour plus d’informations sur comment obtenir un bel arrière (et avant)-plan, vous pouvez lire cet article sur le sujet.

Le petit vent impose une vitesse d’obturation rapide, au moins 1/1000 de seconde, pour figer le sujet. Heusement, les sensibilités de 1000 ou 2000 iso sont aujourd’hui très propres avec très peu de grain.

Les photos s’enchaînent, entre plans larges et gros plans, jusqu’à ce que le soleil ne passe par-dessus la montagne et éclaire le papillon ! Dès que la lumière a commencé à le réchauffer, il s’est tourné pour placer ses ailes parfaitement face au soleil, a attendu quelques minutes puis a décollé d’un coup sec pour aller faire le plein de nectar sur la fleur la plus proche ! La séance photo était terminée.

4 espèces de la sous-famille des papilioninaes volent en France : le Flambé, le Machaon, l’Alexanor et le Porte-Queue de Corse.Les deux premiers sont présents sur tout le territoire et le Porte-Queue de Corse ne se trouve qu’en Corse ;)

Petit détail qui permet de distinguer l’Alexandre de ses cousins à coup sûr : les extrémités de ses antennes sont blanches ! Bonnes recherches :)

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Test du Nikon AF-S 120-300mm F2,8E FL ED SR VR