Apollon

Randonnée dans le massif du Beaufortain ! by Clément Blin

Ce matin, découverte d’un nouveau lieu : le Beaufortain ! Enfin, découverte, c’est un grand mot. La phrase exacte serait plutôt « Petite ballade le long d’un cour d’eau dans une vallée du Beaufortain », mais ça ne rentrait pas dans le champ « Titre » !

Bref, le Beaufortain, c’est un groupe de montagnes, un massif pour employer le terme exact, situé au nord-est de la Savoie et ou est produit le Beaufort !

Parmi ses nombreux sommets se trouve la Pointe de la Terrasse, culminant à 2877 mètres, probablement enneigée toute l’année.

Massif du Beaufortain, combe de la Neuva, Pointe de la Terasse

J’ai remonté la combe de la Neuva, zone plutôt humide où coule le ruisseau du même nom. Sur ses pentes se trouvent plusieurs trous d’eau, parfois vide, parfois occupés par quelques grenouilles rousses qui profitent de la fin de l’été avant d’entrer en hibernation dans quelques semaines.

Massif du Beaufortain, combe de la Neuva, reflet dans un lac

Ces zones humides permettent la croissance des linaigrettes, plantes cotonneuses, parsemant les bords des mares et des tourbières de petites tâches blanches. La photo originale est en couleur mais ne représentait pas le contre-jours, les flares et l'effet de transparence que je voyais dans le viseur. Le passage en noir et blanc est, curieusement, plus proche de la réalité.

Linaigrettes au bord du lac, Massif du Beaufortain, combe de la Neuva.

Malgré l’automne qui approche et les températures assez fraiches, les insectes sont encore présents. De petites mouches se baladent à la surface de l’eau, se courant les unes après les autres en provoquant autant d’ondes à la surface.

Mouche sur l'eau, Massif du Beaufortain, combe de la Neuva.

Quelques papillons sont encore là, comme ce cuivré de la verge d’or (Heodes virgaureae) d’un orange éclatant !

 Cuivré de la Verge d'or,Massif du Beaufortain, combe de la Neuva.

La famille des apollons est également présente, avec le petit apollon, le dernier qui manquait à ma liste ! Malheureusement je n’ai pu ramener qu’une seule image, la carte mémoire ayant refusé d’enregistrer en affichant un laconique « carte mémoire illisible »… Le voici tout de même, reconnaissable à ses antennes franchement rayées de noir et de blanc et sa tache rouge en haut des extrémités des ailes antérieures (quasiment invisibles sur cet exemplaire évidement…)

Petit apollon,Massif du Beaufortain, combe de la Neuva.

Finalement, ma courte visite s’achève avec cette photo des alpages verdoyants ou devraient normalement se trouver des vaches… Il faudra que je revienne !

Alpage, Massif du Beaufortain, combe de la Neuva.

Les apollons, chapitre deux : ... l'apollon ! by Clément Blin

Apollon au reveil, parnassius apollo, Vanoise - Nikon D2x, 180mm, f4.

L'apollon est le deuxième représentant français de la famille des Parnassius à prendre son envol, juste après son petit frère, le semi-apollon. Cette année, le printemps pluvieux et froid a retardé l'émergence des papillons, les chrysalides ont sagement attendues l'arrivé du soleil pour s'ouvrir. Résultats, les premiers apollons n'ont été observés que début aout alors que l'année dernière j'avais pu en voir plusieurs dès le 15 juillet dans le Vercors !

Mais finalement, le grand papillon blanc a décidé de prendre son envol. Je suis donc parti à sa recherche dans le parc national de la Vanoise, endroit bien connu pour ses paysages, ses glaciers, ses marmottes sympathiques et autres joyeusetés montagnardes.

Arrivé à Bessans, au sud du parc, j'emprunte un chemin de randonné longeant l'Arc tout en cherchant les papillons. Des tâches blanches s'agitent sur le coteau ensoleillé. A travers les jumelles, ces tâches se transforment en 3 apollons qui volent entre les sédums. Parfait ! Maintenant il ne reste plus qu'à en photographier un. Le soleil allant rapidement disparaitre en laissant le coteaux  dans l'ombre je me dépêche monter à la hauteur des papillons. Pendant que je marche les apollons se séparent et disparaissent au loin (sales bêtes !). Ah non en voici un qui revient ! Il passe à quelques centimètres de moi, vire à gauche derrière un bloc rocheux et ne réapparait plus. S'est il posé au sol pour passer la nuit ? En approchant je découvre qu'effectivement, il s'est "posé". L'atterrissage a été un peu forcé puisque le papillon a fini sa course dans la toile d'une épeire feuille de chêne (si, la même que celle-ci !) ! Je dégage l'apollon du piège avant que le prédateur à huit pattes ne lui saute dessus. Le papillon grimpe sur mon doigt puis s'envole un peu plus loin avant de se poser sur un brin d'herbe à l'ombre. Le soir arrivant, je mémorise l'endroit pour pouvoir retrouver le papillon demain matin.

Le lendemain, le papillon est toujours la ! Il a quelques petites gouttes de rosées sur les ailes et attend que le soleil arrive pour sécher ses ailes.

Apollon après la nuit, parnassius apollo - Nikon D2x, 180mm f4.

Mais n'allez pas croire qu'il est endormi. L'apollon vous voit !!

En voulant pousser une brindille gênante, j'approche ma main un peu trop près du papillon. Il déploie aussitôt ses ailes, arborant ses ocelles rouges pour surprendre et effrayer le prédateur. C'est de cette manière que j'ai pu prendre la photo ouvrant cet article.

Cependant, il fait encore un peu frais et le soleil n'étant pas encore la, le grand parnassien ne peut pas décoller. Il reste donc quelques minutes, ailes ouvertes, avant de les refermer partiellement. J'en profite pour faire un gros plan.

Ailes d'apollon, parnassius apollo - Nikon D2x, 180mm, f4.

Passant lentement par dessus la montagne, le soleil finit par éclairer l'apollon. Celui-ci se tourne légèrement sur lui-même pour mieux capter les rayons et se réchauffer plus vite. Quelques minutes après, il prend son envol dans un bruissement d'ailes, prêt pour une nouvelle journée à parcourir la montagne.

Apollon se chauffant au soleil, parnassius apollo - Nikon D2x, 180mm, f4.

Trouver l'apollon

Si vous passez vos vacances dans le Jura, les Alpes ou les Pyrénées il est possible que vous croisiez le chemin de l'apollon ! Cherchez le sur les pentes ensoleillées au dessus de 1000 mètres d'altitude. Si cette pente comporte des éboulis et autres tas de cailloux vous êtes sur la bonne voie. Si en plus, il y a des joubarbes (une des plantes nourrissant les chenilles) c'est encore mieux ! Bonne chasse !

Bioptope de l'apollon, parnassius apollo - La joubarbe c'est la grande plante rose à droite !

 

Les Apollons, chapitre Un : le semi-apollon. by Clément Blin

Le semi-apollon, premier de la famille à s'envoler !

Papillons spectaculaires, de grande taille, ornés de blanc, de gris et de rouge, les apollons parcourent la montagne d'un vol puissant, passant des clairières aux zones humides d'altitudes.

Appartenant à la famille des Papillonidés et au genre  Parnassius, il en existe trois espèces en France : le semi-apollon Parnassius mnemosyne, l'apollon Parnassius apollo et le petit apollon Parnassius phoebus.

De couleurs blanche et gris foncé, le semi-apollon est le plus discret du genre, ses cousins arborant des ocelles rouges. De loin il ressemble à une grosse piéride mais son vol est différent à cause de la façon dont il fait vibrer ses ailes postérieures. La pointe les ailes de Parnassius mnemosyne est également quasi-transparente comme le montre la photo ci-dessous ou on peut voir la couleur verte des feuilles à travers la membrane.

Notre semi-apollon est la première espèce du genre à émerger, généralement durant le mois de juin. Cette année, les conditions climatiques plutôt...fraiches... ont retardé l'envol des papillons.

C'est donc seulement le 30 juin que j'ai pu trouver un groupe de semi-apollons volant dans une clairière, à 2000m d'altitude.  Comme tous les apollons, Parnassius mnemosyne ne vole que lorsque le soleil est présent et se pose dès qu'un nuage passe. Et en ce dimanche de juin, le ciel était uniformément bleu ! Après avoir suivi les semi-apollons volant à toute vitesse à travers la clairière en espérant qu'ils se posent sur une fleur (ce qu'ils font mais seulement quelques secondes) j'ai trouvé le spécimen en photo dans cet article.

Semi-apollon,Parnassius mnemosyne, dans une clairière des Alpes

Seul son aile antérieure gauche était correctement déployée, les autres étant froissées. Ce type d'accident arrive parfois durant l'émergence du papillon,  lorsqu'il sort de son cocon. Ce semi-apollon, incapable de voler, était condamné à une mort rapide, à la merci de tous les prédateurs vivant dans les hautes herbes.

Je l'ai posé sur une feuille à l'ombre ou il est resté immobile, me permettant de prendre quelques photos.

Ce semi-apollon est, je l'espère, le premier d'une série de photos sur ces grands papillons des montagnes !

Détail d'une aile de semi-apollon,Parnassius mnemosyne

La famille des papillionidés  est pour moi l'un des plus belles famille de papillons : un exemple avec cette Diane, papillon méditerranéen ou avec cet Apollon, photographié dans le Vercors et que je compte bien retrouver cette année !