Amphibien

Photo de Salamandre tachetée : portrait nocturne ! by Clément Blin

Ma dernière visite nocturne aux salamandres. Bien décidé à obtenir enfin un portrait correct de l'animal, j'ai privilégié la lumière de la lampe frontale à celle du flash, trop puissante. Pour cette photo de salamandre la lampe est placée sur la gauche, derrière un diffuseur. J'ai placé un réflecteur sur la droite pour éviter que ce coté de la salamandre soit complètement noir. Le D800e m'a aussi bien aidé grâce à sa grande dynamique et sa bonne montée en isos. Malheureusement j'ai dû le rendre à la fin de la soirée ! Photo de salamandre tachetée

Diffuseurs et réflecteurs sont donc une bonne technique d'éclairage pour les photos nocturnes d'amphibiens. Ils éliminent presque complètement les reflets brillants et autres zones brulées.  Par contre, il faut bien sûr trouver un amphibien sympathique qui laisse le temps au photographe pour disposer tout ce petit matériel à quelques centimètres de sa tête.

La reproduction des crapauds communs bat son plein ! by Clément Blin

Couple de crapauds communs au bord de la mare.

Les petits cris aigües des crapauds résonnent dans le sous-bois. Partout sur les berges de la mare forestière, des mouvements d'eau signalent la présence des amphibiens.

Profitant enfin de la montée des températures les crapauds communs mâles sont sortis de leurs abris hivernaux et se sont dirigés d'un pas rapide vers leurs lieux de reproduction. Les plus chanceux auront réussis à croiser le chemin d'une femelle avant même d'avoir mis une  patte dans l'eau. Les autres mâles attendent en surface l'arrivée d'une dame et quand celle-ci se montrent ils se ruent dessus. Ici c'est premier arrivé, premier servi, le plus rapide repoussant ses congénères à grand coups de pattes arrières. Mais si la femelle n'arrive pas à échapper à ses prétendants elle se retrouvera vite avec deux, trois, six mâles sur le dos et pourra finir par mourir noyée. La reproduction n'est pas tendre chez les crapauds...

Pour plus d'informations sur la reproduction des crapauds communs et avoir quelques pistes pour les photographier, vous pouvez jeter un oeil sur cette page !

M. Triton Alpestre sur son lit de mousse. by Clément Blin

Triton alpestreC'est en soulevant des pierres au cours d'une petite sortie herpétologie que j'ai trouvé ce mâle de triton alpestre. C'est la seconde fois que je trouve cette espèce dans cette forêt du Val d'Oise, département dans lequel il n'est, selon les guides, pas censé être présent. Cela dit, la frontière avec l'Oise où Ichthyosaura alpestris est référencé n'est qu'à quelques kilomètres.

Le mâle de cette espèce est facilement identifiable à sa livrée bleu sombre, ses zones bleu clair et son ventre orange vif. Par contre il est difficile de différencier la femelle, de couleur marron-beige clair de celle du triton palmé.

J'ai déposé le petit amphibien sur de la mousse le temps de la photo, avant de le remettre la ou je l'avais trouvé.

Photographier la salamandre tachetée. by Clément Blin

 Présentation de Salamandra salamandra terrestris

 La salamandre tachetée est un amphibien de la famille des urodèles, comme ses cousins les tritons. Noire à tâches jaunes, mesurant entre 15 et 20 centimètres de long à l’âge adulte, elle peut vivre plus de 15 ans. C’est un animal attachant, qui, avec sa « bonne bouille » a toujours l’air de sourire. Elle se déplace lentement, faisant de nombreuses pauses durant lesquelles elle reste immobile.

Salamandre tachetée, salamandra salamandra terrestris, sur la route

Trouver la salamandre tachetée

« C’est un amphibien fréquentant essentiellement les bois de feuillus humides, jusqu’à 2350 mètres d’altitude. La présence d’eau lui est indispensable, c’est pourquoi elle est absente des bois à sous-sols filtrants et acides. L’habitat terrestre de l’adulte est rarement situé à plus de 100m de l’habitat aquatique de la larve. » Source : Les amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. Parthénope Collection.

 Cycle de vie de la salamandre

La période de reproduction a lieu au printemps comme chez la plupart des amphibiens. Les accouplements ont lieu sur la terre ferme et non dans l’eau. Contrairement à ses cousins, la salamandre tachetée ne pond pas d’œufs. Les larves se développent à l’intérieur de la femelle qui met bas à demi-immergée. Mauvaise nageuse, elle évite les eaux trop profondes. Les noyades sont d’ailleurs fréquentes en cas d’inondation.

Salamandre tachetée, salamandra salamandra terrestris, mettant bas ses larves dans une mare.

Les larves, mesurant quelques millimètres de long sont reconnaissables à leurs tâches jaunes à l’arrière de chaque patte. Elles passeront de 2 à 7 mois dans l’eau, se nourrissant de micro-invertébrés. A l’émergence, la jeune salamandre ne mesure que quelques centimètres mais présente déjà les couleurs caractéristiques de l’espèce. Elle atteindra l’âge adulte entre 2 et 6 ans et pourra vivre jusqu’à 20 ans.

Salamandre,salamandra salamandra terrestris, mettant bas dans une mare.

En dehors de la mise bas, la vie de la salamandre est terrestre et essentiellement nocturne bien qu’elle puisse sortir de jour en cas de pluie.

La salamandre : un animal menacé.

La salamandre tachetée est un animal très vulnérable face aux actions d’origine anthropique. Destruction et fractionnement de son habitat sont les causes majeures de son déclin et de celui des amphibiens de manière générale. La circulation routière est à l’origine de nombreuses disparitions de salamandres. Il y a moins de dix passages de voitures par jour sur la petite route forestière que j’emprunte pour aller leur rendre visite et pourtant je trouve régulièrement une salamandre ou un crapaud écrasé. Il est facile d’imaginer l’impact d’une route plus importante dépourvue d’aménagements spécifiques permettant le passage de la faune.

Salamandre tachetée, salamandra salamandra terrestris, marchant sur la route

Heureusement pour elle, la salamandre tachetée a peu de prédateurs naturels. Sa coloration vive avertit ses ennemis potentiels de sa toxicité. Attaquée, elle libère en effet une substance toxique, le samandarin. Le prédateur, un renard par exemple, la recrachera alors immédiatement.

Rechercher la salamandre

L’activité essentiellement nocturne de l’animal ne facilite pas sa découverte. La rechercher de jour sous la pluie ou soulever les grosses pierres et les troncs d’arbres morts reste assez aléatoire. Le plus efficace est de se rendre sur le terrain de nuit après une journée pluvieuse. A l’aide d’une lampe torche, il faudra éclairer les berges des mares, les zones moussues, les tapis de mousses… Si le lieu est peuplé de salamandres, vous ne tarderez pas à en trouver une.

Salamandre tachetée, salamandra salamandra terrestris, transportant un colembole

La prospection doit se faire avec la plus grande attention car les salamandres ne sont pas les seuls amphibiens à fréquenter les bords de la mare. Les températures très douces du début du mois de mars ont par exemple fait sortir tous les tritons palmés de leurs abris. Ayant quitté leur sommeil hivernal, ils migrent en nombre pour rejoindre l’eau. Leur petite taille et leur couleur marron-beige font qu’ils sont difficiles à repérer parmi les feuilles mortes et contrairement aux grenouilles et autres crapauds, ils ne peuvent pas s’éloigner du danger en bondissant.

Il est très important que le taux d’humidité soit élevé. A température égale, il m’est arrivé de trouver une dizaine de salamandres ou aucune suivant qu’il ait plu dans la journée ou non.

Photographie et matériel nécessaire.

Reflex ou compact, l’essentiel est de pouvoir commander des flashs déportés de préférence sans fil. Le reflex sera plus pratique car il pourra accueillir différents types d’optiques mais un compact doté objectif lumineux et d’un bon mode macro permettra aussi de rapporter de bonnes images.

Un objectif macro sera bien sûr utile pour les gros plans. Choisissez de préférence une focale assez longue qui facilitera l’éclairage du sujet (moins de risque de créer des ombres portées avec le pare soleil).

Un objectif grand angle voire très grand angle montrera la salamandre dans son environnement forestier. Pour cela, j’utilise le zoom fisheye tokina 10-17mm qui permet une mise au point rapprochée à 14 cm du sujet.

Un ou plusieurs petit trépieds seront utiles pour positionner les flashs déportés mais ils pourront aussi être placés à même le sol, sur une branche… Je me sers des petits flashs nikon sb-r200 commandés par un sb-800.

Salamandre tachetée, salamandra salamandra terrestris, traversant la route.

Des lampes de poches sont indispensables pour la prospection, la mise au point et l’éclairage. J’utilise une lampe torche puissante de longue portée pour la recherche des salamandres et une lampe frontale pour la mise au point et l’éclairage de la scène. Je complète ce matériel par un snoot bricolé avec des pailles noir et du carton.

Enfin, dernière source d’éclairage : les phares de la voiture, utilisés pour photographier les salamandres traversant le route (conduite à vitesse d’escargot de rigueur !!).

Cependant selon les individus, elles supportent plus ou moins bien les éclairs des flashes, parfois seulement un, parfois plus d’une dizaine. La séance s’arrête donc dès que la salamandre se met à bouger. L’animal est certes lent mais décidé et il faudra alors sans cesse repositionner flashs et boitier pour suivre ses déplacements. Il vaut mieux dans ce cas partir à la recherche d’une autre salamandre.

Enfin, comme pour de nombreux styles photographiques, n'oubliez pas de vous mettre à hauteur du sujet ;)

Photographe allongé devant une salamandre, salamandra salamandra terrestris