Amphibiens

Lys martagon, gazés et grenouilles rousses en haute-Maurienne. by Clément Blin

Ce week-end, randonnée en montagne ! La neige a presque totalement fondu et les plus hauts sentiers sont maintenant accessibles. De part et d'autre du chemin, les alpages sont remplis de couleurs. Des centaines de fleurs, discrètes ou exubérantes tournent leurs étamines vers le soleil, faisant le bonheur des papillons et de tous les insectes bourdonnants ! Parmi ces fleurs se trouve le lys martagon, bien visible grâce à sa grande taille (jusqu'à 1 mètre) et ses nombreuses fleurs roses tachetées de pourpre. En partie fanés au départ du sentier, il m'a suffit de gagner 150 mètres d'altitude pour trouver des lys martagon "tout neuf", certains n'ayant même aucune fleur ouverte.

Lys martagon sous les premiers rayons du soleil

Les fleurs ne sont pas les seules à m'accompagner le long du chemin : des papillons blancs volent de fleurs en fleurs et se posent parfois sur un lys d'ailleurs. Ces papillons, ce sont les gazés. De la famille des piérides, ce nom vient du fait que leurs ailes sont en partie transparentes.

Aile de papillon gazé en transparence. 180mm macro et bague-allonge

Une photo de lys et une photo de gazé, c'est bien ; une photo des deux en même temps ce serait encore mieux ! Alors tout en marchant, je cherche si une tache de couleur blanche ne s'est pas glissée au milieu des pétales roses des lys. Et à force de chercher, je finis par trouver ! (c'est loin d'être toujours le cas...)

papillon gazé sous une fleur de lys martagon

Situés dans une zone d'ombre, ces deux gazés attendent que la lumière du soleil vienne les réchauffer et les sécher. Immobiles, ils participent de bon grès à la séance photographique. Seul le vent, léger mais constant, vient compliquer ma tâche en faisant se balancer la fleur d'avant en arrière. Alors clac clac clac, je multiplie les images pour être certain d'en avoir une parfaitement nette.

Lys martagon, gazé....et mouche !

La lumière devient de plus en plus dure au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel et aucun nuage n'est là pour l'adoucir. C'est tout ou rien dans cette montagne ! Soit le soleil n'a pas dépassé la crête et tout se trouve dans l'ombre, soit il est passé au-dessus et on se retrouve avec un ciel  parfaitement bleu et de la lumière partout, une vraie carte postale !

Il existe tout de même un bref moment (quelques dizaines de secondes), quand les tout premiers rayons passent la barrière rocheuse, ou la lumière met en valeur fleurs, insectes et paysages. C'est par exemple à cet instant que j'ai pris la photo du lys au début de cet article.

Je continue de marcher le long du sentier. La pente devient vraiment forte d'ailleurs et le poids du sac ne m'aide à monter. C'est ça de transporter tout le matériel photo d'un seul coup !

A 2400 mètres le terrain finit par devenir plus plat, le sol plus spongieux : la fonte des neiges n'est pas complètement finie ici et l'eau continue de s'écouler vers la vallée.

Je passe à côté d'une grande flaque dans laquelle je vois quelques têtards et une ponte d'amphibien. Y aurait-il encore des grenouilles rousses ? Eh bien oui ! Cinq adultes sont immobiles sur les rives de la flaque.

Grenouille rousse montagnarde

J'approche doucement à quatre pattes pour ne pas effrayer les amphibiens et place l'objectif au raz de l'eau. Quatre déclenchements et la grenouille disparaît sous l'eau mettant fin à la séance.

En montagne, neige oblige, la reproduction des grenouilles rousses a lieu beaucoup plus tard qu'en plaine. Ces petites grenouilles n'ont que trois ou quatre mois pour se reproduire et faire les réserves avant de retourner en hibernation.

Laissant les grenouilles rousses à leurs occupations, je continue à marcher sur le chemin, qui s'arrête un peu plus loin. C'est une impasse, je dois faire demi-tour. De toute façon, il est temps de redescendre !

Photo de Salamandre tachetée : portrait nocturne ! by Clément Blin

Ma dernière visite nocturne aux salamandres. Bien décidé à obtenir enfin un portrait correct de l'animal, j'ai privilégié la lumière de la lampe frontale à celle du flash, trop puissante. Pour cette photo de salamandre la lampe est placée sur la gauche, derrière un diffuseur. J'ai placé un réflecteur sur la droite pour éviter que ce coté de la salamandre soit complètement noir. Le D800e m'a aussi bien aidé grâce à sa grande dynamique et sa bonne montée en isos. Malheureusement j'ai dû le rendre à la fin de la soirée ! Photo de salamandre tachetée

Diffuseurs et réflecteurs sont donc une bonne technique d'éclairage pour les photos nocturnes d'amphibiens. Ils éliminent presque complètement les reflets brillants et autres zones brulées.  Par contre, il faut bien sûr trouver un amphibien sympathique qui laisse le temps au photographe pour disposer tout ce petit matériel à quelques centimètres de sa tête.

La reproduction des crapauds communs bat son plein ! by Clément Blin

Couple de crapauds communs au bord de la mare.

Les petits cris aigües des crapauds résonnent dans le sous-bois. Partout sur les berges de la mare forestière, des mouvements d'eau signalent la présence des amphibiens.

Profitant enfin de la montée des températures les crapauds communs mâles sont sortis de leurs abris hivernaux et se sont dirigés d'un pas rapide vers leurs lieux de reproduction. Les plus chanceux auront réussis à croiser le chemin d'une femelle avant même d'avoir mis une  patte dans l'eau. Les autres mâles attendent en surface l'arrivée d'une dame et quand celle-ci se montrent ils se ruent dessus. Ici c'est premier arrivé, premier servi, le plus rapide repoussant ses congénères à grand coups de pattes arrières. Mais si la femelle n'arrive pas à échapper à ses prétendants elle se retrouvera vite avec deux, trois, six mâles sur le dos et pourra finir par mourir noyée. La reproduction n'est pas tendre chez les crapauds...

Pour plus d'informations sur la reproduction des crapauds communs et avoir quelques pistes pour les photographier, vous pouvez jeter un oeil sur cette page !

M. Triton Alpestre sur son lit de mousse. by Clément Blin

Triton alpestreC'est en soulevant des pierres au cours d'une petite sortie herpétologie que j'ai trouvé ce mâle de triton alpestre. C'est la seconde fois que je trouve cette espèce dans cette forêt du Val d'Oise, département dans lequel il n'est, selon les guides, pas censé être présent. Cela dit, la frontière avec l'Oise où Ichthyosaura alpestris est référencé n'est qu'à quelques kilomètres.

Le mâle de cette espèce est facilement identifiable à sa livrée bleu sombre, ses zones bleu clair et son ventre orange vif. Par contre il est difficile de différencier la femelle, de couleur marron-beige clair de celle du triton palmé.

J'ai déposé le petit amphibien sur de la mousse le temps de la photo, avant de le remettre la ou je l'avais trouvé.